Surrénalectomie 

(ablation de la glande surrénale)

Pourquoi faire l’intervention ?

Les glandes surrénales sont au nombre de deux, chacune située au-dessus du rein correspondant. Ce sont des glandes dites endocrines qui produisent des hormones surrénaliennes (le cortisol, l'aldostérone, les hormones du stress dont l’adrénaline notamment, et une petite fraction des hormones sexuelles) impliquées dans la commande de la tension artérielle, de l’équilibre ionique du sang, de l'utilisation de l'eau dans le corps, de l'utilisation du glucose et de la réaction de stress. Une seule glande suffit au bon fonctionnement de l’organisme.

Les examens demandés par votre médecin ont mis en évidence une tumeur de la glande surrénale (phéochromocytome, adénome, corticosurrénalome…) pouvant entrainer une production excessive d’hormones responsable de symptômes. La raison la plus fréquente d’intervention d’ablation d’une glande surrénale est la production excessive d'hormones par une tumeur le plus souvent bénigne. L’intervention est nécessaire car, en l'absence de traitement, cette tumeur vous expose au risque de complications pouvant entrainer à terme un handicap ou le décès. L’ablation de la surrénale peut également être nécessaire en cas de lésion de grande taille ou de risque de cancer. Les tumeurs surrénaliennes malignes sont rares.

 

Comment se déroule l’opération ?

Cette intervention se déroule le plus souvent en hospitalisation conventionnelle (entrée la veille ou le matin même de l’intervention). Dans certains cas, une hospitalisation ambulatoire (entrée et sortie le jour même de l’intervention) pourra vous être proposée.

Elle est réalisée sous anesthésie générale.

Au moment de votre prise en charge au bloc opératoire, votre intervention sera soumise à une « check-list » ou vérification des données vous concernant pour éviter toute erreur de prise en charge. Ceci est réglementaire en France pour toute intervention chirurgicale.

La surrénalectomie est souvent faite par cœlioscopie (avec l’aide d’une caméra avec 3 à 5 petites incisions allant de 5 à 12 mm). Il peut arriver que l’opération soit faite en ouvrant l’abdomen (laparotomie) soit que cela soit prévu avant l’opération soit que cela soit décidé pendant l’opération par le chirurgien devant l’apparition de difficultés.

Le principe est de séparer délicatement la glande surrénale de ses attaches. Une fois la glande surrénale libérée, elle est extraite par l’une des incisions pour être analysée en anatomopathologie (au microscope). L’opération elle-même dure entre 60 minutes et plusieurs heures en fonction de la difficulté de l’intervention qui varie selon l’état de la glande surrénale, de votre poids, de l’existence d’opérations précédentes sur l’abdomen ou de complications techniques apparaissant pendant l’intervention.

Après l’opération, un drain peut être laissé en place si le chirurgien le juge nécessaire.

 

Quelles sont les suites habituelles après l’intervention ?

Dans les heures qui suivent, vous serez étroitement surveillé. Vous serez habituellement autorisé à vous lever et à vous réalimenter de manière précoce. L’hospitalisation dure le plus souvent quelques jours et n’excède généralement pas une semaine. La durée de la convalescence varie en fonction de la sévérité du désordre hormonal entraîné par la tumeur et de votre état général. Vous discuterez avec votre chirurgien de la date de reprise de vos activités et du suivi après l'opération. Un arrêt de travail vous sera prescrit en accord avec votre chirurgien.

En postopératoire d’un phéochromocytome, une admission en service de réanimation peut être nécessaire afin de surveiller la tension artérielle. Les patients opérés d’une tumeur sécrétant de l’aldostérone doivent faire vérifier leur niveau de potassium sérique et peuvent être obligés de poursuivre leur traitement pour la tension artérielle. Pour les tumeurs sécrétant du cortisol, une supplémentation en hydrocortisone est prescrite pendant plusieurs mois après la chirurgie. Si on enlève une seule glande surrénale, cela n’a pas de conséquence fonctionnelle, car la deuxième glande peut assurer la production des hormones. En cas de résection des deux glandes surrénales (surrénalectomie bilatérale), un traitement hormonal de substitution est nécessaire. Selon les cas, un transfert en service d’endocrinologie pourra vous être proposé dans les suites de l’intervention.

 

Quelles sont les complications possibles ?

Pendant toute l’intervention il existe un risque de léser des vaisseaux sanguins source de saignement ou des organes de voisinage créant des difficultés opératoires. Le chirurgien gère ces problèmes pendant l’opération et peut adapter la surveillance en post opératoire. Ces complications peuvent apparaitre après l’intervention et vous serez alerter par des signes anormaux. S’il craint une complication, le chirurgien peut décider de réopérer.

Il existe enfin des complications très rares qui peuvent exceptionnellement entrainer le décès du patient. Il s’agit en général de blessures des organes de voisinage (foie, rate, tube digestif, rein, uretère, pancréas, diaphragme, nerfs…) pouvant nécessiter un geste chirurgical complémentaire, de blessures de gros vaisseaux comme l’artère abdominale (aorte) ou la veine cave. Ces blessures accidentelles peuvent être favorisées par la complexité́ de l’intervention ou des circonstances anatomiques imprévues. Leur reconnaissance immédiate permet en général une réparation sans séquelle. Une hémorragie abondante habituellement rapidement jugulée peut nécessiter une transfusion sanguine ou de dérivés sanguins (les complications de ces transfusions, en particulier le risque de transmission de maladies infectieuses type hépatite ou sida est devenue exceptionnel et fait l’objet d’un protocole spécial de suivi).

Selon les cas, un traitement préventif du risque de phlébite ou d’embolie pulmonaire postopératoire sera entrepris (anticoagulants et/ou bas de contention).

Des complications autres peuvent survenir en raison de votre état de santé antérieur sur d’autres organes qui n’ont pas de relation directe avec l’intervention. Ce sont des problèmes de dysfonctionnement d’organe ou d’infection (infection urinaire, pulmonaire par exemple). Elles seront prévenues et traitées selon les cas.

Après votre retour au domicile la survenue de certains signes doit vous conduire à contacter votre chirurgien sans attendre la consultation postopératoire : essoufflement, sueurs inhabituelles, douleurs abdominales aiguës ou intenses, fièvre, écoulement abondant par la cicatrice, fatigue inhabituelle, douleurs musculaires, douleurs des épaules, troubles du transit intestinal.